vendredi 1 août 2014

Il y a 100 ans on décrétait la Mobilisation Générale en France...

L'affiche de la Mobilisation Générale
d'Août 1914. (Historial de la Grande Guerre,
Péronne, Juillet 2011).
   Alors que les coins les plus reculés de France finissent d'apprendre l'assassinat de Jean Jaurès, René Viviani, président du Conseil, va, sur recommandation de son ministre de la Guerre Adolphe Messimy et du Général Joffre, inquiets tous deux d'un possible retard face à la mobilisation Allemande ; décréter pour la première fois dans l'Histoire de France la Mobilisation Générale.

   En ce premier Août 1914, quatre millions de Français sont concernés et seront appelés à rejoindre leurs corps de troupe dès le lendemain. Dans les campagnes, où vivent encore une grande majorité de français, le son du tocsin appelle la Nation sur la place du village, les hommes et les femmes découvrent la grande affiche qui vient d'être placardée sur tous les perrons des mairies du pays. Stupeur, tristesse, joie, résolution, nombreuses et diverses sont les réactions. Certains, les plus jeunes surtout, veulent partir immédiatement, les hommes plus âgés, eux, savent que leur tour viendra plus tard, ils rentrent chez eux en silence pour partager leurs derniers jours en famille. Le soir venu, les premiers départs vident les villages. En ville, les gares plus importantes sont submergées, les convois pour Paris, Lyon, sont pris d'assaut. Chaque homme veut être à son poste à l'heure, il en va du sort de la Patrie. La guerre, elle sera déclarée par l'Allemagne à la France le lundi 3 Août, cinquante deux mois de conflit suivront...

vendredi 6 juin 2014

Pegasus Bridge, "Major Howard, vous tiendrez jusqu'à ce qu'on vous relève..."

    Tout le monde connait cette célèbre réplique du film "Le Jour le Plus Long", phrase que le Major Howard se repasse dans sa tête du début à la fin de sa mission. Mission débutée le 5 juin à 22h50 environ quand les planeurs Horsa transportant la 6ème division aéroportée britannique s'arrachent des aérodromes anglais. Peu après minuit, les planeurs se sont libérés et plongent vers leurs objectifs. Deux ponts sur le canal de Caen, à Bénouville et Ranville. 


L'entrée du Mémorial Pegasus
(Bénouville, juillet 2011)
Maquettes de planeurs Horsa britanniques.
(Mémorial Pegasus,juillet2011)
  




C'est à Bénouville que le planeur du Major Howard se pose à quelques encablures du pont gardé par une petite garnison allemande. L'effet de surprise joue parfaitement et quelques rafales de FM Sten et grenades bien placées permettent aux soldats de Sa Majesté de prendre le pont intact. Les soldats allemands sont neutralisés. Au cours de l'assaut, le lieutenant Brotheridge est tué d'une rafale de mitrailleuse.  Une plaque en bronze à proximité du pont rappelle aujourd'hui encore son sacrifice.




Maquette du pont de Bénouville.
(Mémorial Pegasus, juillet 2011)
    L'objectif atteint, Howard doit tenir le pont à la tête de 150 hommes, en attendant les renforts qui arriveront par air, avec la seconde vague, puis par la mer avec les troupes débarquées à l'aube. A 13h30 les trouves débarquées sur Sword Beach arrivent à Bénouville et peuvent relever les paras.

mercredi 2 avril 2014

Retour sur la diffusion d'Apocalypse, la Première Guerre Mondiale.

   C'était donc ces trois derniers mardis soir que France 2 diffusait les cinq épisodes d'Apocalypse 1GM.

EPISODES 1 ET 2 : FURIE ET PEUR.
 Comme annoncé, beaucoup d'images d'archives colorisées, sonorisées et inédites, le tout assaisonné d'un magma d'informations qui submergent le téléspectateur. Pour les non-initiés, il est dur de s'accrocher au wagon Kassovitz qui en l'espace de quinze minutes nous aura parlé de Sissi, Anastasia, Raspoutine, ainsi que des yachts de luxe des empereurs russes et allemands. On se dit alors que Stéphane Bern s'est immiscé dans le montage d'Apocalypse, mais heureusement, fausse alerte, l'engrenage qui mène à la guerre prend la suite.
   Le jeu des alliances, les rivalités européennes, toute la genèse y est. On regrettera cependant l'occultation complète de la situation italienne, au départ du côté des Empires Centraux mais qui préfèrera rester neutre au début des hostilités. De Sarajevo aux premiers jours d'Août 1914, on a droit aux ultimatums, à l'assassinat de Jaurès, au tocsin, à la mobilisation, aux tragiques séparations...

   Ça y est c'est la guerre, et quoi de mieux pour illustrer la guerre que de beaux soldats colorisés défilant sous le nez des caméras de la propagande? Or, nombreuses sont les erreurs de colorisations des uniformes, surtout pour les français : du bleu horizon dès 1914, fera tiquer plus d'un initié... Sans parler d'un politiquement correct complètement anachronique. La victimisation des soldats est montrée à son paroxysme, or la société de l'époque n'est point celle d'aujourd'hui. Les hommes savaient qu'ils mettaient en jeu leurs vies pour défendre leurs pays, leurs familles, et c'est bien cela qui les a fait tenir, et non pas la peur des conseils de guerre comme dis dans le commentaire.
   Que de maladresses également avec les troupes coloniales, on nous montre systématiquement des troupes noires alors que celles-ci débarqueront en masse bien après le début de la guerre. Les troupes de l'armée d'Afrique sont alors essentiellement composées de soldats métropolitains, pieds noirs et maghrébins. Élite de l'armée, seule habituée au feu par les opérations de conquêtes et de pacifications. Elles ne viennent pas sauver la France, "sur des bateaux presque aussi chargés que les négriers d’antan" - raccourci aussi maladroit que hors contexte -  mais bien remporter la victoire sur l'Empire Allemand. Oui les coloniaux ont souffert, mais pas plus que les soldats français, les régiments métropolitains ont payé un très lourd tribut tout au long de la guerre, et surtout dans les  mois de 1914.
   Bref, ces deux premiers documentaires m'ont laissé sur ma faim, j'ose espérer que les suivants seront de meilleur acabit.

EPISODES 3 ET 4 : ENFER ET RAGE.

   Après deux premiers épisodes qui ont bombardé les téléspectateurs d'informations sur la genèse et les premiers mois du conflit, Enfer et Rage, les deux suivants ont survolé la période 1915 à 1917. Les évolutions matérielles de la guerre sont minutieusement décrites, de l'uniforme bleu horizon au casque Adrian, en passant par les shrapnells ou les gaz de combat. L'enfer c'est Verdun et la Somme, ce sont les assauts dans le no man's land, l'artillerie, les mitrailleuses, la vermine. Les réalisateurs se sont attardés sur les grandes batailles de 1916 mais ont occulté celles de 1915 en Champagne et en Artois, pourtant très meurtrières et toutes aussi dignes d'intérêt. Aucune mention de la reprise du fort de Douaumont fin 1916, symbole de la résistance victorieuse des armées françaises prises dans la noria de la Voie Sacrée. On passe ensuite directement à avril 1917 et aux mutineries qui frappent l'Armée Française. Nivelle est expédié aussi vite qu'arrive Pétain mis en scène par la propagande. Avec la Somme, Salonique, le Chemin des Dames et Paschendaele, les généraux alliés font piètre mesure face à Hindenburg et Ludendorff, présentés comme de véritables génies militaires, pourtant non moins avares de la vie de leurs hommes. Les aviateurs ont droit à leur heure de gloire, Après Hitler dans le second épisode, on a droit à Goering, déjà dépeint aux commandes de son Fokker comme un pilote sanguinaire... A noter la vision très intéressante des U-Boote allemands, rarement évoqués et montrés jusqu'ici dans les documentaires sur la 1GM. La guerre sous marine à outrance des allemands étant un tremplin parfait pour lancer l'entrée en guerre des États-Unis au printemps 1917. Le mythe des américains qui viennent sauver les alliés sera-t-il démenti dans la suite des évènements? Nous osons y croire ! La révolution Russe de février mars 1917 et la fin du tsarisme laisse le téléspectateur dans le suspense...

EPISODE 5 : DELIVRANCE.

    Dernier épisode, celui qui va décrire la fin de la guerre. Les italiens sauvés par les Alliés franco-britanniques après le désastre de Caporetto, en prennent d'entrée pour leur grade. Les bolcheviks prennent le pouvoir en Russie et quittent la guerre en offrant aux allemands et à leurs alliés autant de territoires qu'ils le désiraient. Voici venu l'heure de l'affrontement final sur le front Ouest. Aux coups de boutoirs de Luddendorff répondent ceux de Foch appuyés par les chars Renault et par les premières divisions américaines de Pershing. Les Allemands reculent alors en bon ordre ou en se rendant par milliers.   Les troupes alliées avancent mais pas assez pour que la population allemande se rende compte de la défaite. Nouvelle allusion au coup de poignard dans le dos qui sera exploité par les Nazis après guerre. Victoire sur tous les fronts, dans les Balkans, en Orient, où opère avec succès Lawrence d'Arabie. Victoire mais à quel prix, les pertes sont monstrueuses, la grippe espagnole débarque pour parachever le travail de la Grande Faucheuse que l'on aura vu et revu X fois... Versailles, les gueules cassées, Wilson le grand chantre de la démocratie désavoué par son congrès à son retour en Amérique, ce dernier épisode passe en un éclair. 
   Nous voila délivrés de Mathieu Kassovitz et de sa dernière litanie de chiffres égrenée avec son toujours légendaire ton monocorde. Puis, France 2 a eu l'intelligence de confier à Stéphane Audoin Rouzeau et sa collègue de Picardie le bilan dans l'émission de Marie Drucker. Confier l'Histoire à des historiens, c'est encore ce qui se fait de mieux.

jeudi 13 mars 2014

Faut-il regarder Apocalypse, La Première Guerre Mondiale le 18 mars sur France 2 ?

   Ça y est ! Après la Seconde Guerre Mondiale, après l'ignoble Hitler, la Première Guerre Mondiale aura droit à son documentaire fleuve de 5 x 52 minutes. On est en 2014 et heureux hasard sans doute, la Grande Guerre a fini par intéresser Isabelle Clarke et Daniel Costelle.  Eh oui, le centenaire du début de la 1GM arrive à grands pas, et le service public se devait d'être partenaire de cet évènement télévisuel avec précédent.
   Tout y est, la bande annonce de 3 minutes plante le décor. On y retrouve un Mathieu Kassovitz au meilleur de sa forme et de son désormais légendaire ton monocorde. La colorisation, marque de fabrique des documentaires précédents est bien là, on s'y croirait.
   On s'y croirait tellement quand Mathieu Kassovitz nous informe que "des cameramen du monde entier ont pris des risques pour tourner ces images" mais rajoute l'obligatoire mais qui sera très peu perçu au moment de la diffusion : "ils en ont reconstitué certaines". Eh oui, mon bon monsieur, par certaines, vous voulez dire qu'à part de très rares exceptions, toutes les images d'assauts, de bombardements et de combats sont des reconstitutions réalisées en arrière du front, parfois même après la fin de la guerre. Escroquerie vous me direz ! Faire un documentaire de cinq heures avec des images reconstituées, quel scandale ! Mais non, tout le reste, tout ce qui est à plus de 500m de la ligne de feu j'ose l'espérer, est authentique. 
   Alors certes on aura droit aux images d’Épinal, du taxi de la Marne au braves mutins de 1917 ; des sénégalais envoyés au casse pipe pour économiser les bons français ; aux soldats américains qui arrivent pour faire gagner la guerre. Je me fourvoie peut-être en disant que ce documentaire va rétablir quelques vérités historiques.

   Ce documentaire colorisé et sonorisé par séquence est donc la pour montrer l’ampleur de la tragédie. Dix millions d'hommes tués, vingt millions blessés, un des premiers génocides de l'Histoire. On a bien sur droit à l'instant "c'est trop con" du soldat canadien mort cinq minutes avant l'arrêt des combats. Mais du côté des historiens, on oubliera pas ceux qui sont morts dans les hôpitaux à 11h15, ou le lendemain et les jours suivants, on oubliera pas ceux qui mourront en labourant les anciens champs de bataille une fois rentrés chez eux, cette guerre n'en finira jamais, elle a marqué le sol national pour toujours, et la mémoire de ceux qui, nombreux je l'espère, regarderont ce documentaire. De l'Histoire à cette heure de grande écoute, sans Bern ni Ferrand, c'est toujours bon à prendre, même avec la voix de Kassovitz au commentaire...

vendredi 7 mars 2014

Mondement-Mongivroux, le monument de la Victoire de la Marne.




   Dans la Marne, à Mondement-Mongivroux, se dresse un curieux monument. Immense mégalithe de béton et granit rose, haut de 33 mètres, le Monument de la Victoire de la Marne en 1914 a été construit de 1931 à 1939. Implanté dans cette commune d'après le choix du Maréchal Foch, il domine la plaine d'où fut lancé une partie de la contre offensive de la Marne en septembre 1914.






   A son pied figure en sculpture les vainqueurs de la bataille. Le Général Joffre, commandant en chef de l'Armée Française tient affectueusement le soldat inconnu et est entouré des généraux Sarrail, de Langle de Cary, Foch, Franchet d'Esperey, du Maréchal Anglais French et des généraux Maunoury et Galliéni. (de gauche à droite)



  

   "A la voix de Joffre, l'Armée Française en pleine retraite s'arrêta et fit face à l'ennemi. Alors se déchaina la bataille de la Marne sur un front de 70 lieues (280 km) de Verdun aux portes de Paris. Après plusieurs jours de luttes héroïques, l'ennemi de toutes parts battait en retraite et sur toute l'étendue du front, LA VICTOIRE PASSAIT."


   Le fameux ordre du jour du Général Joffre le 6 septembre 1914, avant le début de la bataille :
   "Au moment ou s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et repousser l'ennemi. Toute troupe qui ne peut plus avancer devra coute que coute garder le terrain conquis et se faire tuer plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée". JOFFRE



La carte des positions des deux armées avant la bataille de la Marne en septembre 1914. Mondement est au centre du dispositif défensif.



"A tous ceux qui sur notre terre du plus lointain des âges, dressèrent la borne contre l'envahisseur".
 






Photos prise le 7 mars 2014.