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mardi 23 décembre 2014

Séjour en Alsace Partie 1, le champ de bataille de l'Hartmannswillerkopf.


L'entrée du Mémorial de
l'Hartmannswillerkopf. (Décembre 2014)


   De retour en décembre avec un petit périple en Alsace, pour visiter l'un des hauts lieu de la Grande Guerre en Alsace, l'Hartmannswillerkopf ou Vieil Armand, nom que lui donnèrent les Poilus.
Restauré à l'occasion du centenaire, il a été pour la première fois désigné pour accueillir les commémorations du début du conflit entre Français et Allemand en août dernier.






Réseau de tranchée. (Décembre 2014)



   Dès août 1914, l'offensive Française du plan XVII permet de libérer des territoires Alsaciens. L'Hartmannswillerkopf se dresse du haut de ses 956m d'altitude sur la route des troupes allemandes qui attaquent la position tenue par les chasseurs alpins français. Durant toute l'année 1915, chasseurs et fantassins se relayeront pour combattre et se maintenir au sommet de la crête.






Entrée d'abri de tranchée. (Décembre 2014)



   Les Allemands n'arrivant pas à déloger les Français, le front se stabilise, les lignes ennemies demeurent très proches les unes des autres au sommet de la crête. Jusqu'à la fin de la guerre,  les offensives laissent place à un duel d'artillerie qui rendra ce front toujours aussi pénible à tenir pour les soldats.







   Aujourd'hui, depuis le sommet du Vieil Armand, on peut observer la nécropole de 1260 tombes environ. Un ossuaire contenant les corps de 12 000 soldats inconnus est également placé au niveau de la crypte à l'entrée du site.





Le Monument dédiés aux Chasseurs Alpins du 28ème Bataillon,
qui subirent la première attaque allemande en janvier 1915. (Décembre 2014)



jeudi 27 novembre 2014

Histoire d'une Nécropole Nationale, Notre-Dame de Lorette, dans le Pas-de-Calais.

La Chapelle-Basilique de Notre-Dame de Lorette
en Février 2012.
   Beaucoup l'ont découverte le 11 novembre dernier, quand le Président de la République est venu commémorer les 96 ans de l'Armistice de 1918. La Nécropole Nationale de Notre-Dame de Lorette est située sur la commune de Ablain-Saint-Nazaire dans le Pas-de-Calais. Elle a désormais pour compagnon, l'Anneau de la Mémoire inauguré ce même 11 novembre.

   Par son importance stratégique, la crête de Notre-Dame de Lorette fut l'objet de terribles combats entre Français et Allemands principalement en 1915, et vont faire de cette colline un véritable enfer pour les troupes chargées de s'en emparer. Ce lieu de souffrance fut immédiatement retenu à la fin de la guerre pour accueillir une immense nécropole, regroupant les corps de soldats français tombés dans les batailles d'Artois et des Flandres. La crête n'a pas cependant pas encore rendu les corps de tous les hommes tombés pour elle, car aujourd’hui, nombreux sont les soldats enfouis sans sépulture sur les flancs de la colline. Pour preuve, pendant les travaux de construction de l'Anneau de la Mémoire, deux soldats français ont pu être retrouvés et identifiés. Étendue sur 26 hectares elle est la plus grande nécropole militaire française. Elle accueille plus de vingt mille tombes individuelles et contient également les corps de plus de vingt mille soldats inconnus répartis dans sept ossuaires. Elle contient également des tombes de soldats russes, un belge et un  roumain, ainsi qu'un carré musulman de presque six-cents tombes.

La Tour-Lanterne en février 2012.
   Deux monuments veillent sur les tombes, la Chapelle-Basilique et la tour-lanterne inaugurées en 1925. Sur cette dernière qui surmonte un ossuaire de six-mille corps non identifiés, quatre inscriptions sont gravées sur chacun de ses cotés :

"A nos glorieux morts des champs de batailles de l'Artois et des Flandres"

"Vous qui passez en pèlerins près de leur tombes gravissant leur calvaire et ses sanglants chemins, écoutez la clameur qui sort des hécatombes : "Peuples, soyez unis ; hommes, soyez humains !" "

"Ossements qu'animait un fier souffle naguère, membres épars, débris sans nom, humain chaos, pêle-mêle sacré d'un vaste reliquaire, Dieu vous reconnaitra, poussière de héros !"

"C'est la lampe attentive à garder leur mémoire contre la nuit qui tombe, oublieuse, dessus ; le phare qui s'allume aux rayons de leur gloire et met au ciel de France une étoile de plus !"


samedi 6 septembre 2014

Il y a 100 ans, la bataille de la Marne faisait rage...

La proclamation de Galliéni au peuple de Paris.
(Historial de Péronne, Juillet 2011)

   Un mois après le début des hostilités, les Français sont en mauvaise posture. Le plan Schlieffen a balayé les intentions offensives de Joffre et de ses généraux. Les offensives en Lorraine et Alsace ont couté de terribles pertes aux armées Françaises, la seule journée du 27 août a couté la vie à 27 000 pantalons rouges, jour le plus sanglant de l'histoire militaire française. Épuisées, les troupes alliées reculent depuis des jours face à l'avance allemande. Le gouvernement a quitté Paris depuis le 2 septembre, mais Galliéni nommé gouverneur militaire de la capitale entend défendre la cité coûte que coûte. Rétablies sur la Marne, les armées alliées se dressent à nouveau face à l'ennemi pour un affrontement décisif. L'ordre du jour de Joffre du 6 septembre diffusés à ses troupes ne laisse guère de doute sur la situation militaire du pays : 

   "Au moment ou s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et repousser l'ennemi. Toute troupe qui ne peut plus avancer devra coute que coute garder le terrain conquis et se faire tuer plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée". JOFFRE.

Plan d'opérations de la bataille de la Marne.
(Mondement-Mongivroux, mars 2014)
   Cette contre-offensive de la Marne tient à plusieurs renseignements glanés par les aviateurs français. Ces derniers informent Joffre et Galliéni que les troupes de la Iere armée allemande ne se dirigent plus vers Paris mais en direction du sud est, offrant son flanc à une possible contre-attaque. Galliéni voyant cette occasion se présenter, convainc Joffre de lancer cette offensive. La 6ème armée française fut alors lancée sur l'Ourcq, entre Nanteuil le Haudoin et Meaux. C'est au cours de cette offensive qu'à lieu le célèbre épisode des taxis parisiens qui transportèrent une brigade (6000 hommes) en renfort sur le front. Outre le front de l'Ourcq, les troupes françaises reprennent l'offensive sur un front de 280km de l'Ourcq à Verdun. Face aux assauts répétés durant quatre jours, les Allemands finissent par battre en retraite, c'est le "Miracle de la Marne" qui sauve le pays de la défaite. Épuisées, les troupes françaises ne pourront poursuivre efficacement l'ennemi qui se commencera à se retranchera sur l'Aisne, repoussant les dernières offensives franco-anglaises. La guerre de tranchées fait ainsi ses débuts, après novembre 1914 et la fin de la "course à la mer", le front sera stabilisé de la mer du nord à la frontière suisse.