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mercredi 1 octobre 2014

[Lecture] Une uchronie : 1940, et si la France avait continué la guerre?

   Une nouvelle passionnante lecture que voilà, de l'Histoire oui, mais comme on aurait aimé qu'elle se passe ! Je me rappelle qu'au début des années 2000 lors de mes années de lycée, je m'étais plongé dans la lecture de la Grande Histoire de la Seconde Guerre Mondiale de Pierre Montagnon. Et le chapitre concernant la bataille de France était l'un de mes préférés. Plusieurs fois, je m'étais imaginé ce qu'il se serait passé si la France avait continué le combat en Afrique et non pas capitulé sous l'égide du Maréchal Pétain. Or voici qu'en 2004 plusieurs chercheurs et leurs étudiants se sont penché sur le sujet, historiens, étudiants, spécialiste de jeux de simulations militaires. En est sorti en 2010 un premier tome que je vous présenterai ici : "1940 Et si la France avait continué la guerre?"
   Tout commence en juin 1940, et un évènement anodin va sceller le destin du pays. Pas une contre-attaque fulgurante qui va redresser la situation militaire, pas la mort de Hitler, non : La maitresse de Paul Reynaud, la comtesse Hélène de Portes, farouche partisane de l'armistice, décède dans un accident de la circulation. Le président du Connseil anéanti, mais libéré de cette influence néfaste, va alors se tourner vers Mandel et de Gaulle plutôt que vers les défaitistes. On s'y croirait, tout est tellement réaliste, je me suis surpris à ressentir des montées d'adrénaline en lisant certains passages hauts en couleurs. 
   Quel travail de documentation, de simulation, chaque action est détaillée, comme si on lisait un ouvrage de référence sur la Seconde Guerre Mondiale, les personnages politiques sont dépeints dans leurs actions avec leurs caractères propres, telles opiniâtreté d'un général de Gaulle ou d'un Winston Churchill. Je vous invite à vous plonger dedans, d'autant que le tome II vient de sortir, en attendant le dernier tome qui est en cours de réalisation. Un grand coup de chapeau à ces historiens uchronistes !


mercredi 18 juillet 2012

Jeudi 12 juillet 2012, Colombey les Deux Eglises

La Tombe du Général de Gaulle, il repose aux côtés de sa fille Anne et de son épouse.
La Croix de Lorraine qui surplombe le Mémorial Charles de Gaulle.

mardi 26 juin 2012

Selon moi le meilleur discours de De Gaulle, le 26 juin 1940, en réponse au discours de Pétain la veille. Hommage...


   "Monsieur le maréchal, par les ondes, au-dessus de la mer, c'est un soldat français qui va vous parler. Hier, j'ai entendu votre voix que je connais bien. Et non sans émotion, j'ai écouté ce que vous disiez aux Français pour justifier ce que vous avez fait.
   Vous avez d'abord dépeint l'infériorité militaire qui a causé notre défaite. Puis, vous avez dit qu'en présence d'une situation désespérée, vous avez pris le pouvoir pour obtenir des ennemis un armistice honorable. Vous avez, ensuite, déclaré que devant les conditions posées par l'ennemi, il n'y avait pas d'autre alternative que de les accepter en restant à Bordeaux ou de les refuser et passer dans l'empire pour y poursuivre la guerre. Vous avez cru devoir rester à Bordeaux. Enfin, vous avez reconnu que le sort du peuple français allait être très cruel. Mais vous avez convié ce peuple à se relever malgré tout par le travail et la discipline. 
   Monsieur le maréchal, dans ces heures de honte et de colère pour la patrie, il faut qu'une voix vous réponde. Ce soir, cette voix sera la mienne. En effet, notre infériorité militaire s'est révélée. Mais cette infériorité, à quoi tenait-elle ? Elle tenait à un système militaire mauvais. La France a été foudroyée non point du tout par le nombre des effectifs des Allemands, non point du tout par leur courage supérieur, mais uniquement par la force mécanique offensive et manoeuvrière de l'ennemi. Cela, tous les combattants le savent. Si la France n'avait pas cette force mécanique, si elle s'était donné une armée défensive, une armée de position, à qui la faute, monsieur le maréchal ? Vous, qui avez présidé à notre organisation militaire après la Guerre de 14-18, vous, qui fûtes généralissime jusqu'en 1932, vous, qui fûtes ministre de la guerre en 1935, vous, qui étiez la plus haute personnalité militaire de notre pays, avez-vous jamais soutenu, demandé, exigé la réforme indispensable de ce système mauvais ?
   Cependant, vous appuyant sur les glorieux services que vous aviez rendus pendant l'autre guerre, vous avez revendiqué la responsabilité de demander l'armistice à l'ennemi. On vous avait fait croire, monsieur le maréchal, que cet armistice demandé à des soldats par le grand soldat que vous êtes serait honorable pour la France. Je pense que, maintenant, vous êtes fixé. Cet armistice est déshonorant. Les deux tiers du territoire livrés à l'occupation de l'ennemi, et de quels ennemis ! Notre armée tout entière démobilisée. Nos officiers et nos soldats prisonniers maintenus en captivité. Notre flotte, nos avions, nos chars, nos armes, à livrer intacts, pour que l’adversaire puisse s’en servir contre nos propres Alliés. La Patrie, le Gouvernement, vous-même, réduits à la servitude. Ah ! pour obtenir et pour accepter un pareil acte d’asservissement, on n’avait pas besoin de vous, Monsieur le Maréchal, on n’avait pas besoin du vainqueur de Verdun ; n’importe qui aurait suffi. Mais vous avez jugé, dites vous, que vous pouviez, que vous deviez y souscrire. Vous avez tenu pour absurde toute prolongation de la résistance dans l’Empire. Vous avez considéré comme dérisoire l’effort que fournit et celui que fournira notre allié, l’Empire Britannique. Vous avez renoncé d’avance aux ressources offertes par l’immense Amérique. Vous avez joué, perdu, jeté nos cartes, fait vider nos poches, comme s’il ne nous restait aucun atout. Il y a là l’effet d’une sorte de découragement profond, de scepticisme morose, qui a été pour beaucoup dans la liquéfaction des suprêmes résistances de nos forces métropolitaines.
   Et c'est du même ton, monsieur le maréchal, que vous conviez la France livrée, la France liée, la France asservie à reprendre son labeur, à se refaire, à se relever. Mais dans quelle atmosphère ? Par quels moyens ? Au nom de quoi voulez-vous qu'elle se relève sous la botte allemande et l'escarpin italien ? Oui, la France se relèvera. Elle se relèvera dans la liberté. Elle se relèvera dans la victoire.
   Dans l’Empire, dans le monde, ici même, des forces françaises se forment et s’organisent. Un jour viendra où nos armes, reforgées au loin, mais bien aiguisées, se joignant à celles que se feront nos Alliés, et peut être à d’autres encore, reviendront triomphantes sur le sol national. Alors, oui, nous referons la France ! "


 Charles de Gaulle, Discours aux Français, tome I : 18 juin 1940‑31 décembre 1941,
Office français d’édition, 1944, pages 17-19.