vendredi 27 mars 2015

Séjour en Alsace partie 2, le Champ de Bataille du Linge, tombeau des Chasseurs Français.

Réseau de tranchées vers le sommet du massif.
   Sous la neige, le 17 décembre dernier j'ai visité le site du Linge, autre haut-lieu de la Grande Guerre en Alsace. A l'été 1915, la position stratégique du Linge est occupée par les Allemands et bien évidemment convoitée par les Français. Pour prendre pied au sommet du massif, le Haut-Commandement Français envoie ses troupes d'élite, les chasseurs à pieds. L'assaut débute le 20 juillet 1915, après un bombardement intense qui dure dix heures, les Français s'élancent et s'emparent du sommet sans pouvoir s'en rendre maitres au point de repousser les contre-attaques allemandes. Deux jours plus tard, l'assaut reprend, et le même scénario se joue. Les Allemands réussissent à repousser les Français malgré le succès initial. Il faut attendre le 29 juillet pour les chasseurs puissent s'ancrer solidement au sommet et repousser les contre-attaques ennemies. Le 17 août suivant, les Français finissent par posséder le sommet du massif du Linge après de durs combats. Les Allemands ne lâcheront pas les pentes du Linge et les combats continueront sur ce site jusqu'en 1918.

Plaque commémorative à l'entrée du site.
Casemate bétonnée au sommet du massif.



Réseau de tranchées sur les hauteurs de la crête.


mardi 23 décembre 2014

Séjour en Alsace Partie 1, le champ de bataille de l'Hartmannswillerkopf.


L'entrée du Mémorial de
l'Hartmannswillerkopf. (Décembre 2014)


   De retour en décembre avec un petit périple en Alsace, pour visiter l'un des hauts lieu de la Grande Guerre en Alsace, l'Hartmannswillerkopf ou Vieil Armand, nom que lui donnèrent les Poilus.
Restauré à l'occasion du centenaire, il a été pour la première fois désigné pour accueillir les commémorations du début du conflit entre Français et Allemand en août dernier.






Réseau de tranchée. (Décembre 2014)



   Dès août 1914, l'offensive Française du plan XVII permet de libérer des territoires Alsaciens. L'Hartmannswillerkopf se dresse du haut de ses 956m d'altitude sur la route des troupes allemandes qui attaquent la position tenue par les chasseurs alpins français. Durant toute l'année 1915, chasseurs et fantassins se relayeront pour combattre et se maintenir au sommet de la crête.






Entrée d'abri de tranchée. (Décembre 2014)



   Les Allemands n'arrivant pas à déloger les Français, le front se stabilise, les lignes ennemies demeurent très proches les unes des autres au sommet de la crête. Jusqu'à la fin de la guerre,  les offensives laissent place à un duel d'artillerie qui rendra ce front toujours aussi pénible à tenir pour les soldats.







   Aujourd'hui, depuis le sommet du Vieil Armand, on peut observer la nécropole de 1260 tombes environ. Un ossuaire contenant les corps de 12 000 soldats inconnus est également placé au niveau de la crypte à l'entrée du site.





Le Monument dédiés aux Chasseurs Alpins du 28ème Bataillon,
qui subirent la première attaque allemande en janvier 1915. (Décembre 2014)



jeudi 27 novembre 2014

Histoire d'une Nécropole Nationale, Notre-Dame de Lorette, dans le Pas-de-Calais.

La Chapelle-Basilique de Notre-Dame de Lorette
en Février 2012.
   Beaucoup l'ont découverte le 11 novembre dernier, quand le Président de la République est venu commémorer les 96 ans de l'Armistice de 1918. La Nécropole Nationale de Notre-Dame de Lorette est située sur la commune de Ablain-Saint-Nazaire dans le Pas-de-Calais. Elle a désormais pour compagnon, l'Anneau de la Mémoire inauguré ce même 11 novembre.

   Par son importance stratégique, la crête de Notre-Dame de Lorette fut l'objet de terribles combats entre Français et Allemands principalement en 1915, et vont faire de cette colline un véritable enfer pour les troupes chargées de s'en emparer. Ce lieu de souffrance fut immédiatement retenu à la fin de la guerre pour accueillir une immense nécropole, regroupant les corps de soldats français tombés dans les batailles d'Artois et des Flandres. La crête n'a pas cependant pas encore rendu les corps de tous les hommes tombés pour elle, car aujourd’hui, nombreux sont les soldats enfouis sans sépulture sur les flancs de la colline. Pour preuve, pendant les travaux de construction de l'Anneau de la Mémoire, deux soldats français ont pu être retrouvés et identifiés. Étendue sur 26 hectares elle est la plus grande nécropole militaire française. Elle accueille plus de vingt mille tombes individuelles et contient également les corps de plus de vingt mille soldats inconnus répartis dans sept ossuaires. Elle contient également des tombes de soldats russes, un belge et un  roumain, ainsi qu'un carré musulman de presque six-cents tombes.

La Tour-Lanterne en février 2012.
   Deux monuments veillent sur les tombes, la Chapelle-Basilique et la tour-lanterne inaugurées en 1925. Sur cette dernière qui surmonte un ossuaire de six-mille corps non identifiés, quatre inscriptions sont gravées sur chacun de ses cotés :

"A nos glorieux morts des champs de batailles de l'Artois et des Flandres"

"Vous qui passez en pèlerins près de leur tombes gravissant leur calvaire et ses sanglants chemins, écoutez la clameur qui sort des hécatombes : "Peuples, soyez unis ; hommes, soyez humains !" "

"Ossements qu'animait un fier souffle naguère, membres épars, débris sans nom, humain chaos, pêle-mêle sacré d'un vaste reliquaire, Dieu vous reconnaitra, poussière de héros !"

"C'est la lampe attentive à garder leur mémoire contre la nuit qui tombe, oublieuse, dessus ; le phare qui s'allume aux rayons de leur gloire et met au ciel de France une étoile de plus !"


dimanche 9 novembre 2014

The Meuse-Argonne American Cemetery, à Romagne-sous-Montfaucon

   Beaucoup de français connaissent le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, rendu célèbre lors de la sortie en 1998 du film de Steven Spielberg, "Il faut sauver le soldat Ryan". Il est également visible lors des commémorations du débarquement en Normandie, chaque année début juin. Mais verra-t-on un jour Barack Obama ou l'un de ses successeurs venir se recueillir sur les tombes des soldats américains tombés en 1918 et reposant à Romagne-sous-Montfaucon dans la Meuse? J'ose l'espérer, car pour avoir parcouru les deux, il gagnerait à être montré au monde entier puisque, de part sa taille, c'est le plus grand cimetière militaire américain d'Europe, avec ses cinquante-deux hectares, et ses 14 246 tombes individuelles. 

L'entrée du cimetière. (Février 2012)

   Le 21 mars 1918, l'Allemagne lance la première des grandes offensives destinées à obtenir la victoire sur le front Ouest, après avoir signé la Paix de Brest-Litovsk avec les Bolcheviks sur le front Est. Les premières cibles sont les troupes du British Expeditionnary Force (BEF), retranchées sur une partie du front moins bien organisée défensivement. C'est là, sur la Somme, que Luddendorf assène son premier coup de boutoir. Les Britanniques reculant, les Alliés voient le danger et nomment le général français Foch généralissime de leurs armées le 3 avril 1918. Cependant les Allemands ne cessent pas leurs offensives, et continuent d'attaquer au nord, dans la région d'Ypres, puis en Champagne, sur le Chemin des Dames où ils surprennent des divisions anglaises et françaises mises au repos dans ce secteur supposé calme. Pour contrer cette attaque, les Alliés engagent progressivement leurs renforts pour colmater la brèche. 


Des croix à perte de vue... (Février 2012)

Parmi ces renforts figurent les premières divisions américaines, et début juin 1918, elles lancent la célèbre contre attaque du Bois Belleau, haut-lieu s'il en est de l'histoire du Marine Corps. A partir de juillet 1918, les offensives allemandes s'essoufflent devant l'ampleur des pertes. Devant un adversaire épuisé, les troupes alliées renforcées par l'arrivée massives des chars et des sammies prennent à leur tour l'offensive. Le 12 septembre, sous les ordres du général Pershing, les américains reprennent le saillant de Saint-Mihiel au sud de Verdun, remportant une victoire retentissante. De la fin septembre au 11 novembre, l'Argonne devient le théâtre d'une nouvelle offensive conjointe entre les forces américaines et françaises, qui repoussent les Allemands, faisant des milliers de prisonniers et précipitant encore plus la défaite de l'Empire des Hohenzollern. Les Américains perdront lors de ces diverses offensives pas moins de 26 000 tués, et 96 000 blessés. Beaucoup d'entre-eux reposent aujourd'hui à Romagne-sous-Montfaucon, veillés par une chapelle contenant des vitraux représentant les emblèmes des unités américaines ayant combattu, ainsi que les drapeaux des nations Alliées victorieuses entourant l'autel.

L'intérieur de la chapelle. (Février 2012)

jeudi 6 novembre 2014

[Télévision] L'adaptation de Ceux de 14, suite et fin sur France 3, ce mardi 4 novembre

   Mardi soir, France 3 terminait la diffusion de sa série "évènement" liée au Centenaire du début de la Grande Guerre. "Les Eparges, La mort de près, et la dernière attaque", tels étaient les noms des trois derniers épisodes. Autant le premier des trois se concentre sur les combats, autant les deux autres m'ont encore laissé sur ma faim, la faute à beaucoup de maladresses historiques et militaires et de scènes inventées, ou modifiées.

 
   La première concerne un des évènements marquant du livre, ce qui tord les boyaux de Genevoix, la perte de son ami et camarade, celui à qui est dédiée l’œuvre : Robert Porchon. En effet, les scénaristes lui ont offert un surplus de vie d'un mois ! Ils le font mourir le 18 mars 1915, alors qu'il meurt en février, entre le 17 et le 20 si je ne m'abuse. Au reste, certaines scènes m'ont fait sursauter.A moins que mes notions de tactique d'infanterie soient assez lointaines de la réalité de 1915? On attaque en groupe bien compact, en marchant, derrière l'officier qui inspecte seul la tranchée conquise bien à découvert. Je n'ai pas reconnu non plus notre héros Genevoix qui discute les ordres d'un colonel au téléphone, et qui ose lui répondre, ''non on attaque pas'' demandant ensuite un ordre écrit. Il ose renchérir d'un : "oui c'est comme ça!" (à son colonel !) avant que l'ancien, blasé, lui annonce dans la seconde qui suit que sa compagnie est relevée. Avait-on besoin de clins d’œil au politiquement correct dans ce téléfilm? Avec la vision de l'officier qui refuse d'obéir aux ordres d'attaque,  on a eu droit au personnage du cuisinier africain (qui parle français sans accent eh oui !) intégré dans un régiment métropolitain, cherchez l'erreur...

   Je me suis quand même surpris à ressentir une montée d'adrénaline dans le premier assaut (relativement crédible celui-ci) du dernier épisode, mais je pense que la musique qui l'accompagne (les orgues) ont beaucoup joué la dedans. Je noterai enfin la belle phrase (de Souesmes il me semble?) entendue dans un de ces épisodes :
"Qu'est ce qui est pire que la guerre? C'est la défaite. C'est pour cela que les hommes se battront jusqu'à la victoire". Je pense que c'est une des rares choses à retenir de ce feuilleton.